Tsunami en Méditerranée :Pourquoi serait-on à l'abri, alors que nous avons des milliers de kilomètres de littoral, avec l'Outre-mer et la métropole ?

Publié le par MrStrange49

Tsunami en Méditerranée :Pourquoi serait-on à l'abri, alors que nous avons des milliers de kilomètres de littoral, avec l'Outre-mer et la métropole ?

Séisme  de  scénario  dans  la  zone  32,  Tell  et  marge  nord  algérienne :  Mmax  =  7,8,

coordonnées longitude 6°00’ et latitude 37°24’ (au large de Constantine)
La zone 32 correspond au domaine de failles inverses à vergence sud du Tell situées
dans  la  zone  côtière  du  Nord  du  Maghreb.  Suite  aux  travaux  de  Deverchère  et al.
(2005),  plusieurs  failles  inverses  à  vergence  nord  ont  été  identifiées  au  large  de  
Boumerdès   en   bordure   du   plateau   continental.   Celles-ci   sont   associées   à   la   
déformation compressive de la limite de plaque Eurasie – Afrique. Dans ce schéma, on
ne  peut  exclure  la  possibilité  de  failles  inverses  à  vergence  nord,  tout  le  long  de 

la  marge  continentale  entre  Oran  et  Constantine.  Dans  l’état  actuel  des 

connaissances,  nous avons donc intégré cette famille de failles inverses à la zone 32.

La limite nord de cette zone a donc été tracée au pied du talus continental.  Séisme 

de  scénario  dans  la  zone  49,  «  bassin  d’Ampurdan,  du  Roussillon  et  zone  axiale pyrénéenne  » :  Mmax  =  6,7,  coordonnées  longitude  3°30’et  latitude  42°18’ 

(à  l’Est de Figueras, au niveau du canyon de Creus). Au niveau du littoral et en

mer, il s’agit essentiellement de failles NW-SE à jeu normal. Les  travaux  de  Fleta 

et al. (2001)  et  de  Ojeda  et al. (2002)  indiquent  une  période  de  retour  entre 

8  000  et  10  000  ans  pour  les  séismes  de  magnitude  6.5  à  7.0  sur  des

failles NW-SE localisées dans cette zone.

 

Séisme de scénario dans la zone 4, « marge nord ligure » : Mmax = 6,8, coordonnées
longitude  7°20’  et  latitude  43°30’  (au  large  de  Nice,  dans  le  canyon 

sous  marins du  Var). Cette  zone  est  caractérisée  par  des  failles  normales 

NE-SW  dans  la  couverture  sédimentaire,  probablement  associées  à  un 

chevauchement  crustal  enraciné  au  nord  dans le socle cristallin des Alpes

externes et dont le front se trouverait au pied du talus continental,  au  large  de  la 

côte  ligure.  Le  séisme  de  1887  (magnitude  estimée  à  6,3)  est peut-être

rattaché au jeu d’une des failles NE-SW de cette zone. Actuellement,  on  ne 

dispose  pas  d’indication  sur  la  période  de  retour  d’un  séisme  majeur

(M 6,8) dans cette zone.  En  cas  de  survenance  d’un  tel  séisme,  il  faut 

souligner  que,  outre  la  possibilité  de  rupture  de  surface,  la  vibration 

sismique  déclencherait  très  vraisemblablement  des  glissements sous marins,

eux-mêmes générateurs de tsunamis importants sur la côte française ou italienne.  
Ce type de scénario est donc à rapprocher du zonage des mouvements de

terrain sousmarins  du  plateau  et  talus  continental  réalisé  dans  le  cadre  du 

projet  global  par  l’Ifremer (rapport à paraître). source

Rorschach a dit…

Au pifomètre, il y aura 10% de chances de tsunami en méditerranée.

Tsunami en Méditerranée :Pourquoi serait-on à l'abri, alors que nous avons des milliers de kilomètres de littoral, avec l'Outre-mer et la métropole ?

Le sénateur audois Roland Courteau explique comment nos côtes pourraient être impactées. D'où l'intérêt du centre d'alerte Cenalt.

Roland Courteau : "En haute mer, les vagues peuvent se déplacer à des vitesses de 500 à 1 000 km/heure." P. DOBROWOLSKA

Donner l’alerte en moins de 15 minutes

Le Centre d’alerte aux tsunamis pour l’Atlantique nord-est et la Méditerranée (Cenalt) a fêté ses 3 ans le 1er juillet. Ce centre d’alerte, basé à Bruyères-le-Châtel (Essonne), était une des recommandations du rapport du sénateur audois Roland Courteau, publié en 2007. Car si le niveau de risque n’est pas comparable à celui des océans Pacifique et Indien, le risque tsunami existe bel et bien en Méditerranée, comme plusieurs drames historiques en témoignent.

Aujourd’hui, le Cenalt, qui est rattaché au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), s’appuie sur un vaste réseau de stations sismologiques et marégraphiques, avec notamment des partenariats étrangers. Il est devenu naturellement un maillon essentiel du dispositif chargé d’assurer la sécurité de citoyens en cas de catastrophe naturelle. Les hommes du Cenalt peuvent en effet, en cas de séisme susceptible de générer un tsunami, donner l’alerte en moins de 15 minutes. Et surtout évaluer les heures d’arrivée du tsunami sur les côtes. Ce qui donne aux autorités compétentes le moyen d’alerter rapidement les populations concernées pour les évacuer. D’autres pays du pourtour méditerranéen ont créé des centres d’alertes aux tsunamis.

Est-ce à dire que sur nos côtes, il y a un risque réel ?

Pourquoi serait-on à l'abri, alors que nous avons des milliers de kilomètres de littoral, avec l'Outre-mer et la métropole ? Il n'y aurait pas de faille sismique, de plaques tectoniques qui s'affrontent en Méditerranée, en Atlantique ? Comment expliquer alors le tsunami sur les côtes antillaises, après le séisme de Lisbonne en 1755 ? Alors oui, comme je le note dans mon rapport de 2007, il y a un risque certain. Depuis l'Antiquité, même si l'essentiel des tsunamis a été recensé dans le Pacifique, 25 % des tsunamis ont eu lieu en Méditerranée. 9 % si l'on prend les 911 tsunamis observés depuis le début du XXe siècle. Soit 90 dans la région Languedoc-Roussillon.

Pouvez-vous nous expliquer le phénomène ?

Contrairement à une idée très répandue, l'origine des tsunamis n'est pas météorologique mais géologique. Ils sont provoqués par des séismes sous-marins ou côtiers de magnitude d'au moins 6,3 sur l'échelle de Richter, des glissements de terrain et des explosions volcaniques. Sans oublier des chutes de météorites. La collision des plaques africaine et eurasiatique fait donc de la Méditerranée une région particulièrement exposée. Comme on a pu le déplorer sur l'île de Santorin, avec le tsunami généré par l'éruption du volcan Théra en - 1650. Plus récemment, il y a eu en 1908, le tremblement de terre de Messine (Sicile) qui a engendré un tsunami meurtrier (30 000 victimes). Et plus proche de nous en 1979, au large de Nice, il y a eu un tremblement de terre avec création d'une vague de 4 mètres qui a déferlé sur l'aéroport de Nice. Ce jour-là, on a déploré onze morts.

Quels en sont les effets ?

Lorsqu'un tsunami arrive près des côtes, la longueur d'onde de chaque vague diminue mais atteint encore plusieurs kilomètres. N'oublions pas qu'en haute mer, les vagues peuvent se déplacer à des vitesses de 500 à 1 000 km/heure. Ce qui explique que même une vague de 50 cm peut faire d'énormes dégâts. Comme on a pu le constater le 21 mai 2003, quelques heures après le séisme de Boumerdès en Algérie, d'une magnitude 6,9. Ce tsunami, avec une montée de vagues de 2-3 mètres aux Baléares, a provoqué plusieurs dégâts. En France, et même si le phénomène qui s'est produit de nuit, est presque passé inaperçu, on a constaté dans les ports des chutes rapides du niveau de la mer et de très forts courants, détruisant ou abîmant de nombreux bateaux. On ne peut donc comparer l'impact d'une vague de tsunami et celle d'une tempête.

Sommes-nous prêts à faire face à un tel événement ?

Depuis 2007, on dispose d'un centre d'alerte aux tsunamis pour l'Atlantique nord-est et la Méditerranée (Cenalt), près de Paris. Mais il est vrai qu'avant le tsunami de 2004, qui s'est produit dans une zone dite peu tsunamigène, les pouvoirs publics ont ignoré le risque. Nous n'avions qu'un malheureux marégraphe. Pourtant, on sait depuis longtemps que là où il y a eu des tsunamis dans le passé, il y en aura dans le futur. Comme on sait que notre temps de réaction est très court. Un séisme au nord de l'Algérie peut engendrer 90 minutes plus tard une vague de 4 à 5 mètres sur nos côtes.

source

Ci-dessous le lien du rapport tsunami et sismique de 2007

Publié dans Earthquake