L'exploitation du gaz de schiste pourrait être responsable des tremblements de terre dans l'Oklahoma et l'Ohio

Publié le par MrStrange49

La fracturation hydraulique horizontale serait responsable de l'augmentation du nombre de séismes en Oklahoma.

L'Etat de l'Oklahoma, au centre des Etats-Unis, a récemment dépassé la Californie en termes de nombre de séismes recensés. Une situation étonnante sachant que l'Etat de l'ouest américain est une terre hautement sismique. Selon une étude de l'université new-yorkaise de Cornell, avant 2008, l'Oklahoma connaissait un seul tremblement de terre de magnitude 3.0 ou plus par en moyenne. Mais entre 2008 et 2013, le nombre de séismes a été quarante fois plus élevé que pendant la période 1976-2007.

Selon de récentes recherches, dont la publication se révèle délicate car émanant d'Austin Holland, un chercheur financé par l'Etat et par les industries pétrolières, cette augmentation croissante de tremblements de terre serait directement liée à l'extraction de gaz et de pétrole.

En cause pour les scientifiques et notamment ceux de l'Agence américaine de géologie : la technique de la fracturation hydraulique horizontale utilisée dans l'extraction du gaz de schiste.

Cette méthode consiste notamment à injecter des liquides pour le forage des sous-sols. Rien qu'entre 2004 et 2008, le volume d'eaux usées stockées dans les sous-sols ont doublé en raison du développement de l'extraction du gaz de schiste. Pour exemple, le 20 septembre 2013, l'injection quotidienne d'eau atteint son maximum avec 9 000 barils d'eau. Trois jours plus tard, un séisme de magnitude de 3,4 sur l'échelle de Richter se déclenche en Oklahoma.

 

Si la technique de la fracturation hydraulique horizontale existe depuis des décennies, cette dernière a connu des avancées technologiques considérables qui permettent aux grandes industries pétrolières de forer en injectant à très haute pression un mélange d'eau, de boue et de sable dans les formations de schiste argileux très résistantes, créant ainsi un chemin pour extraire du pétrole ou du gaz. Au cours de la décennie passée, la production de pétrole en Oklahoma a plus que doublé.

Ces révélations scientifiques sont donc très délicates en raison de l'importance de l'industrie pétrolière. Des bruits courent sur le fait que des professionnels auraient pu exercer des pressions sur les chercheurs et notamment Austin Holland. "Nous ne pouvons pas exclure que cette observation pourrait être une simple coïncidence", nuance pourtant le sismologue d'Etat dans un rapport, qui selon Bloomberg "se hérisse à chaque évocation d'une potentielle pression de l'industrie pétrolière qui aurait pu le ralentir quant à ses conclusions". 
 
Ci-dessous article du 9 juillet 2014
Selon les chercheurs, les activités de fracturation hydraulique et l’injection de liquides de forages dans le sous-sol sont directement liées à l'augmentation marquée des séismes dans au moins deux états américains.

Une nouvelle étude publiée dans la revue Science conclut que la hausse récente et fulgurante du nombre de tremblements de terre en Oklahoma serait directement liée à l’exploitation du gaz de schiste. Selon cette étude pilotée par des chercheurs de l’Université Cornell, l’État américain de l’Oklahoma connaissait en moyenne un seul tremblement de terre d’une magnitude de 3,0 ou plus chaque année avant 2008. Depuis, la production de gaz de schiste a littéralement explosé, comme dans plusieurs autres États américains. Et cette hausse soutenue de la production est allée de pair avec une croissance exponentielle du nombre de séismes de plus de 3,0 sur l’échelle de Richter, souligne l’étude rendue publique dans Science. À titre d’exemple, pas moins de 230 secousses sismiques ont été enregistrées jusqu’à présent cette année.
Or, l’Oklahoma n’est pas un État reconnu pour son activité sismique intensive, précise Geoffrey Abers, co-auteur de l’étude. « C’est tout simplement sans précédent de voir autant de tremblements de terre dans cette région », souligne-t-il. L’étude établit ainsi un lien direct entre ces séismes et l’exploitation du gaz de schiste. Les chercheurs soulignent notamment que les secousses sont liées aux activités de fracturation hydraulique et à l’injection de liquides de forages dans le sous-sol.

Séismes en Ohio

Cette nouvelle étude n’est pas la première à établir un lien entre l’exploitation gazière et les tremblements de terre, un phénomène que l’industrie de l’énergie fossile a toujours nié.En avril dernier, des géologues de l’État de l’Ohio ont établi un lien entre l’activité sismique dans l’est de l’État et la fracturation hydraulique. Cinq faibles secousses avaient été enregistrées en mars, et une enquête a conclu à un lien probable avec la fracturation hydraulique utilisée pour extraire le gaz de schiste. Un puits d’injection profond pour les eaux usées de la fracturation avait déjà été lié à des séismes dans la région en 2012. Dans le cadre d’une étude publiée l’an dernier par la revue Geology, la chercheure Katie Keranen, de l’Université de l’Oklahoma, a pour sa part analysé la séquence d’événements ayant précédé et suivi un séisme survenu dans la ville de Prague, en Oklahoma. L’auteur a conclu à un lien causal entre l’injection de fluides de fracturation usés dans le sous-sol et ce tremblement de terre. ll faut dire que la ruée vers le gaz de schiste produit des quantités immenses d’eaux usées. Ces liquides, chargés de substances toxiques, ne peuvent habituellement pas être traités par les usines d’épuration municipales. Ils sont donc souvent réinjectés dans de vieux puits.

Risques pour la santé

Par ailleurs, l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) a statué plus tôt cette année que l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste posent des risques bien réels de contamination des eaux souterraines et d’aggravation de la pollution de l’air, en plus de nuire à la qualité de vie des populations qui vivent près des sites où s’implante l’industrie. En se basant sur les conclusions de 18 nouveaux documents, l’INSPQ a ainsi conclu que « les possibilités de contamination des eaux souterraines sont réelles ». Le rapport publié en janvier précise que des mesures effectuées depuis trois ans près des sites d’exploitation gazière « permettent de prévoir des augmentations locales des concentrations de certains polluants de l’air ». C’est le cas des particules fines, mais aussi de composés organiques volatils (qui sont des gaz à effet de serre). Il est cependant difficile d’évaluer le potentiel d’exposition des populations aux produits chimiques utilisés dans les liquides de fracturation. Les informations concernant la nature, les quantités, les procédures de manipulation et le transport de ces substances « demeurent encore incomplètes ».
source: http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/413001/l-exploitation-du-gaz-de-schiste-provoquerait-des-tremblements-de-terre

Publié dans Santé