Le champ magnétique Terrestre s'affaiblit plus vite que prévu

Publié le par MrStrange49

Grâce à des satellites lancés en novembre 2013, l'Agence spatiale européenne a pu enregistrer des données précises concernant les variations du champ magnétique terrestre. Selon les premiers résultats, ce dernier s'affaiblirait bien plus rapidement que prévu.

Le champ magnétique terrestre s’affaiblit bien plus rapidement que prévu : c’est le constat récemment annoncé par l’Agence Spatiale Européenne (ESA), qui a pu obtenir des mesures précises du magnétisme terrestre grâce à un attirail de trois satellites lancés en novembre 2013. Pour autant, pas question de paniquer. Cet affaiblissement se produit sur une très longue durée, et n’est pas assez important pour menacer notre santé. En revanche, les dispositifs de télécommunications terrestres et spatiaux pourraient s’en trouver affectés. Affaiblissement de 5% par décennie Bouclier naturel, le champ magnétique terrestre protège notre planète des rayons cosmiques et des vents solaires. Produit par les mouvements du noyau métallique liquide de la Terre, il s’étend à 600.000 km au-dessus de nos têtes, et c’est lui qui est notamment responsable des incroyables aurores boréales que l’on peut observer sous les hautes latitudes. Mais dans l’hémisphère occidental, les scientifiques ont constaté un affaiblissement particulièrement marqué du champ magnétique. Alors que les chercheurs prévoyaient un déclin de 5% par siècle, les satellites ont mesuré un affaiblissement de 5% par décennie. Sur une courte période de six mois, la force du champ magnétique a ainsi décliné de 80 nanoteslas, sur 40.000 nanoteslas environ. A ce rythme, les conséquences de l’affaiblissement du champ magnétique pourraient s’avérer sérieuses. Si notre santé ne risque pas d’être affectée de sitôt par ce changement, il pourrait toutefois engendrer des dysfonctionnements des dispositifs de communication, exposés aux rayons en provenance de l’espace. L'annonce d'une prochaine inversion du champ magnétique terrestre ? Pour les spécialistes, ceci pourrait prédire l’inversion du champ magnétique, qui doit normalement se produire tous les 250.000 ans. Toutefois, le phénomène n’a pas eu lieu depuis 780.000 ans. “Une telle inversion n’est pas instantanée, mais elle prendra plusieurs centaines, voire milliers d’années”, explique Rune Floberghagen, manager de la mission SWARM, à LiveScience. Cela se traduira par un déplacement des pôles magnétiques à travers le globe, qui pourrait potentiellement perturber les réseaux électriques et de communication. Mais selon les experts, les précédentes inversions n’ont pas causé d’extinction massive ou de radiations menaçant la vie humaine. Pour le moment, il est seulement possible d’observer le déplacement du pôle Nord magnétique depuis le Canada vers la Sibérie. Ce phénomène était bien évidemment déjà connu des scientifiques, mais les satellites SWARM permettent aujourd’hui de mesurer plus précisément les mouvements du pôle Nord magnétique. Les scientifiques doivent toutefois poursuivre leurs analyses des données fournies par les satellites pour confirmer l’hypothèse de l’inversion.

source :

http://www.maxisciences.com/

Le champ magnétique terrestre, quoique découvert il y a 2.000 ans après l'invention de la boussole en Chine, reste un phénomène complexe encore assez mal connu. Sa compréhension théorique est pourtant relativement simple. Le champ magnétique terrestre est dû au noyau terrestre, situé à 3.000 km sous terre, où fer et nickel en fusion fonctionnent comme une gigantesque dynamo grâce aux courants qui le traversent. A ce mécanisme de base, s’ajoutent le magnétisme des roches aimantées de la croûte terrestre et des sources externes telles que la ionosphère et la magnétosphère (parties de l'atmosphère électriquement excitée par les rayonnements solaires). C’est d’ailleurs en partie le champ magnétique terrestre qui nous protège des vents solaires et de ses particules. "C'est un phénomène très complexe qui varie dans l'espace et le temps", souligne Mioara Mandea, experte à l'agence spatiale française (CNES). "On sait bien qu'il existe différentes sources mais, en un point donné à la surface, tout est mélangé", explique la spécialiste citée par l'AFP. C’est donc pour mieux connaître le champ magnétique terrestre que l'agence spatiale européenne (ESA) a démarré une nouvelle mission baptisée Swarm ("essaim" en anglais). Pour la première fois, trois satellites de 470 kg strictement identiques vont évoluer ensemble à une orbite basse, une performance rendue possible grâce à leurs capacités aérodynamiques. Lancement réussi Le projet Swarm a débuté vendredi 22 novembre avec le lancement de la fusée Rockot depuis la base russe de Plessetsk. L'engin a décollé à 12h02 UTC et injecté les trois satellites sur une orbite quasi polaire, à une altitude de 490 km. Mais ils ne resteront pas là très longtemps. Dans les semaines à venir, les scientifiques vont procéder à quelques manoeuvres pour envoyer les satellites sur des trajectoires légèrement différentes : deux à 460 km (Swarm A et B) et le troisième à 530 km (Swarm C). "Cette configuration sera atteinte 4 mois après le lancement", a précisé le CNES. Cela permettra aux scientifiques de bien distinguer les différentes sources magnétiques et de cartographier en détail leurs variations dans l'espace et dans le temps. Les trois jours suivant le lancement ont été consacrés à une phase cruciale : LEOP qui a consisté notamment à déployer les mâts, ainsi qu'à mettre en route, vérifier et configurer les équipements vitaux. "Cette phase "LEOP" s'est terminée avec succès, les satellites sont maintenant dans une configuration stable et sécurisée", avec tous les équipements nécessaires déployés et vérifiés. Afin d’obtenir des résultats extrêmement précis, les scientifiques ont tenu compte de la "propreté magnétique" des satellites en privilégiant des matériaux les plus neutres possible. Quant aux magnétomètres embarqués, ils sont placés à distance du corps des satellites et de leurs parasites électromagnétiques par le biais de mâts déployables de quatre mètres, explique Isabelle Fratter, qui a piloté pour le CNES le projet de magnétomètre "absolu" ASM. Il s’agit d’un instrument exceptionnellement précis, capable de mesurer l'intensité du champ magnétique tout en calibrant les magnétomètres "vectoriels" qui mesurent l'orientation du champ dans les trois directions. Des mystères à percer Grâce aux données récoltées par Swarm durant au moins quatre ans, les scientifiques espèrent pouvoir mieux comprendre l'évolution du champ magnétique. Ils espèrent notamment percer le mystère de "l'anomalie de l'Atlantique sud", cette zone située au-dessus du Brésil où le champ magnétique est particulièrement faible et où il continue à baisser pour des raisons aujourd’hui encore inexpliquées. Selon les scientifiques, en survolant cette zone, les satellites pourront subir des dysfonctionnements car ils ne seront plus protégés par le champ magnétique et ils recevront donc davantage de particules en provenance de l'espace. Mais les engins pourraient tout de même permettre de mieux comprendre ce phénomène et trouver d'éventuelles mesures de protection. Selon Gauthier Hulot du CNRS (Institut de Physique du Globe de Paris) cité par l'AFP, les données collectées par Swarm serviront également aux cartes et modèles qui servent à l'aviation civile ou aux boussoles des smartphones. Cette cartographie sera d'autant plus importante que la boussole n'indique pas le nord géographique mais le nord magnétique, lequel se déplace très rapidement.

 

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